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Serge Najjar à l’Institut du monde arabe-Tourcoing : quand l’architecture devient abstraction

Du 19 septembre 2026 au 17 janvier 2027, l’Institut du monde arabe-Tourcoing consacre une exposition à Serge Najjar, photographe franco-libanais dont le regard singulier transforme l’architecture de Beyrouth en compositions graphiques à la frontière de la photographie et de la peinture abstraite.

Intitulée « Le Liban de Serge Najjar – Photographie | Architecture | Abstraction », l’exposition invite à découvrir un Liban inattendu : celui du béton, des chantiers, des lignes, des ombres et de la couleur.

Photographier ce que les autres ne voient pas

Né à Beyrouth en 1973, Serge Najjar développe une photographie immédiatement identifiable.

Façades, murs bruts, escaliers, ouvertures, aplats colorés et structures de béton deviennent, sous son regard, les éléments d’une construction presque picturale.

Ses images évoquent naturellement les grands maîtres de l’abstraction géométrique — Mondrian, Malévitch, Kandinsky, Rodtchenko ou encore Soulages — tout en restant profondément ancrées dans le réel.

Car Serge Najjar ne construit pas ses images.

Il ne met pas en scène les personnages et ne cherche pas à transformer artificiellement ce qui se trouve devant lui. Il observe, cadre et attend que les lignes, la lumière, l’architecture et parfois la présence humaine trouvent leur point d’équilibre.

C’est précisément là que réside la force de son travail : faire surgir l’abstraction au cœur du réel.

L’humain au milieu du béton

Dans les photographies de Serge Najjar, la présence humaine est souvent minuscule.

Un ouvrier traverse un espace monumental. Une silhouette apparaît dans une ouverture. Un personnage vient soudain donner une échelle à une architecture qui semblait abstraite quelques secondes auparavant.

Cette présence change complètement la lecture de l’image.

Au-delà de leur puissance esthétique, les photographies évoquent ainsi la réalité des chantiers libanais et la place des travailleurs, souvent étrangers, syriens ou égyptiens.

L’architecture devient alors le décor d’une histoire beaucoup plus large : celle d’un pays, de ceux qui le construisent et de sa capacité permanente à se reconstruire.

Le Liban entre construction et reconstruction

Cette dimension prend une résonance particulière lorsqu’on regarde le travail de Serge Najjar à travers l’histoire récente du Liban.

Dans un pays marqué par les guerres, les destructions et les reconstructions successives, ces bâtiments en devenir deviennent presque symboliques.

Le béton n’est plus seulement un matériau.

Il raconte un territoire en transformation permanente, suspendu entre destruction, construction et renaissance.

Chaque photographie peut alors être regardée de deux façons : comme une composition esthétique extrêmement rigoureuse, mais également comme le fragment d’un récit contemporain sur Beyrouth et le Liban.

De la photographie à l’objet photographique

Chez Art Photo Lab, nous connaissons particulièrement bien le travail de Serge Najjar et les exigences que représente la restitution de ce type d’images.

Ses compositions reposent sur des équilibres extrêmement précis : densité des noirs, subtilité des gris, aplats, matières du béton, nuances chromatiques et séparation très nette des formes.

À l’écran, l’image existe déjà.

Mais lorsqu’elle devient un tirage, une nouvelle étape commence.

Le choix du papier, la profondeur des noirs, le rendu des matières, la précision des transitions et la maîtrise de la colorimétrie participent directement à la perception de l’œuvre.

C’est précisément ce passage du fichier à l’objet photographique qui est au cœur du métier de tireur d’art.

Une photographie aussi graphique que celle de Serge Najjar rappelle combien le tirage n’est pas une simple reproduction : il constitue la dernière étape de l’écriture photographique.

Une exposition majeure à découvrir à Tourcoing

L’exposition rassemble notamment plusieurs œuvres emblématiques de Serge Najjar, parmi lesquelles Silent Architecture, Galaxy, Urban Theater, Diving into Escher ou The Yellow Block.

Elle est placée sous le commissariat de Mario Choueiry.

Autre symbole fort : le projet a reçu le label Bicentenaire de la Photographie du ministère de la Culture et s’inscrit dans la programmation officielle organisée en France entre septembre 2026 et septembre 2027.

Une belle reconnaissance pour un travail qui démontre, une nouvelle fois, la capacité de la photographie à transformer notre perception du quotidien.

Le Liban de Serge Najjar

Photographie | Architecture | Abstraction

Institut du monde arabe-Tourcoing
9 rue Gabriel Péri – 59200 Tourcoing

Du 19 septembre 2026 au 17 janvier 2027
Du mardi au dimanche, de 13h à 17h45

Vernissage : vendredi 18 septembre 2026 à 18h

Pour Art Photo Lab, cette exposition est aussi une très belle occasion de mettre en lumière le travail d’un photographe dont nous apprécions particulièrement la rigueur du cadrage, la construction graphique et cette capacité rare à faire dialoguer architecture, abstraction et présence humaine.


 

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