Trois regards, deux territoires, une même sensibilité humaniste. Fibre du monde invite à suspendre le regard, à écouter ce qui ne se dit pas, à ressentir ce qui ne se montre pas immédiatement. Le silence précède le regard.
Muriel Pénicaud, engagée de longue date dans le combat pour la liberté des femmes, partage la force, l’espoir et la sororité de femmes en Inde, au Rajasthan, à Bangalore et Araku Valley. Dans cette haute vallée où vivent les tribus autochtones adivasis, elle soutient l’ONG Naandi pour le développement rural en permaculture, la scolarité des filles et leur émancipation sociale. Les tirages réalisés sur papier japonais Bizan prolongent ce geste, la force généreuse de la fibre de mûrier rendant hommage au courage des femmes. Les femmes sont des tisseuses d’étoffes, de liens, de vie. Nous sommes tous faits de cette fibre de chair et d’amour qui nous relie, comme un lien invisible.
Elvira & James Vil ont photographié au cœur d’un village d’orpailleurs à Madagascar. À travers cette série, ils portent leur regard sur une communauté façonnée par le travail, l’espoir et la solidarité. Derrière la quête de l’or se révèlent surtout des visages, des gestes transmis, des instants de vie qui racontent la force du lien humain. L’or demeure discret, presque secondaire. Ce qui émerge avant tout, ce sont les regards, les présences et les histoires qui habitent ce territoire. Chaque tirage est réalisé sur papier Antemoro, fabriqué à partir de fibres végétales malgaches, prolongeant ainsi le dialogue entre l’image, les femmes et les hommes photographiés, et la terre qui les accueille.
Exposition du 6.07 au 8.11 au Mgallery Jules César – Arles



